Histoire improvisée (2)

Rodolphe, sa sœur et ses parents se sont donc rendus à la veillée autour du feu, accompagnés de Paffin déguisé : un grand chapeau, une paire de lunettes, et des habits sur tout le corps.
Tout le monde est absorbé par l’animateur, qui annonce « Bienvenue à la Veillée des Monstres Hurleurs », et personne ne prête vraiment attention à Paffin, installé un peu en retrait à côté des parents de Rodolphe. Assis (Julia et Rodolphe sont parvenus à lui faire comprendre ce B.A.-B.A. du chien modèle), il baille et tire la langue. Quelques participants sont un peu distraits par ce comportement inhabituel, mais Rodolphe invoque la fatigue de sa tante, qui a fait de nombreux kilomètres pour venir. Cet argument en valant un autre, l’attention se reporte à nouveau sur l’animateur. Quand tout-à-coup, celui s’effondre !
Plusieurs voix s’élèvent aussitôt : « Un malaise ! ». Certains, déçus – voire en colère – de cette soirée écourtée, rentrent en maugréant dans leur tente. D’autres font plus ample connaissance en attendant les secours qui ont été alertés. Le papa de Rodolphe s’apprête à dire à sa famille de rentrer – il attendra les pompiers seuls, les autres ne sont pas utiles; mais, pendant ce temps, Paffin s’est approché du blessé, et, se couchant à ses côtés, entreprend de lui lapper la joue. Car, depuis tout petit, Paffin rêve d’être un Saint-Bernard ! Sauver des vies, voilà ce qu’il veut faire. Et il s’applique, le Paffin. Le temps que Rodolphe et sa famille réagissent, son déguisement est évidemment tombé (heureusement, peut-être, sinon les gens auraient sans-doute été choqués de voir une dame d’un certain âge s’allonger et léchouiller l’animateur…). Les efforts de Paffin portent leurs fruits : lentement, l’animateur ouvre les yeux, et se relève, alors que les pompiers viennent d’arriver.Heureusement pour Rodolphe et sa famille, les événements empêchent trop de gens de se focaliser sur la transgression que constituait la venue d’un chien (et accessoirement, sur le fait qu’il faut être taré pour déguiser son chien). Ce qui retient l’attention, en revanche, ce sont les paroles de l’animateur : « c’est merveilleux, je n’ai plus mal à la gorge ! »
Et c’est vrai : depuis ce matin, l’animateur avait de plus en plus mal, au point d’essayer d’éviter de parler durant cette soirée, juste avant son malaise.
Aussi étrange que cela puisse paraître, Paffin lui a donc non seulement fait reprendre conscience, mais il lui a également enlevé son début d’angine…

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