Rodolphe, sa sœur et ses parents se sont donc rendus à la veillée autour du feu, accompagnés de Paffin déguisé : un grand chapeau, une paire de lunettes, et des habits sur tout le corps.
Tout le monde est absorbé par l’animateur, qui annonce « Bienvenue à la Veillée des Monstres Hurleurs », et personne ne prête vraiment attention à Paffin, installé un peu en retrait à côté des parents de Rodolphe. Assis (Julia et Rodolphe sont parvenus à lui faire comprendre ce B.A.-B.A. du chien modèle), il baille et tire la langue. Quelques participants sont un peu distraits par ce comportement inhabituel, mais Rodolphe invoque la fatigue de sa tante, qui a fait de nombreux kilomètres pour venir. Cet argument en valant un autre, l’attention se reporte à nouveau sur l’animateur. Quand tout-à-coup, celui s’effondre !
Plusieurs voix s’élèvent aussitôt : « Un malaise ! ». Certains, déçus – voire en colère – de cette soirée écourtée, rentrent en maugréant dans leur tente. D’autres font plus ample connaissance en attendant les secours qui ont été alertés. Le papa de Rodolphe s’apprête à dire à sa famille de rentrer – il attendra les pompiers seuls, les autres ne sont pas utiles; mais, pendant ce temps, Paffin s’est approché du blessé, et, se couchant à ses côtés, entreprend de lui lapper la joue. Car, depuis tout petit, Paffin rêve d’être un Saint-Bernard ! Sauver des vies, voilà ce qu’il veut faire. Et il s’applique, le Paffin. Le temps que Rodolphe et sa famille réagissent, son déguisement est évidemment tombé (heureusement, peut-être, sinon les gens auraient sans-doute été choqués de voir une dame d’un certain âge s’allonger et léchouiller l’animateur…). Les efforts de Paffin portent leurs fruits : lentement, l’animateur ouvre les yeux, et se relève, alors que les pompiers viennent d’arriver.Heureusement pour Rodolphe et sa famille, les événements empêchent trop de gens de se focaliser sur la transgression que constituait la venue d’un chien (et accessoirement, sur le fait qu’il faut être taré pour déguiser son chien). Ce qui retient l’attention, en revanche, ce sont les paroles de l’animateur : « c’est merveilleux, je n’ai plus mal à la gorge ! »
Et c’est vrai : depuis ce matin, l’animateur avait de plus en plus mal, au point d’essayer d’éviter de parler durant cette soirée, juste avant son malaise.
Aussi étrange que cela puisse paraître, Paffin lui a donc non seulement fait reprendre conscience, mais il lui a également enlevé son début d’angine…

C’est l’histoire de Rodolphe, un petit garçon très intelligent. Il a 7 ans, et comme il a eu de très bonnes notes à l’école, ses parents ont décidé de lui acheter un chien – il en parle depuis longtemps. Donc ils se rendent tous ensemble à la SPA, avec Julia, la grande sœur de Rodolphe.
Ils regardent les chiens dans leurs chenils, et Rodolphe choisit un joli berger des pyrénées, qui s’appelle Paffin. Parce qu’il est pas fin. Mais il est tout gentil, et c’est pour ça que Rodolphe l’a choisi.
Donc Rodolphe, Julia et leurs parents rentrent à la maison avec Paffin.
Et, après lui avoir montré son coussin, Rodolphe lui donne son repas : il remplit sa gamelle avec les croquettes fournies par la SPA (ils ont prévu d’aller en acheter demain), et il appelle : « Paffin, viens manger ! »
Comme Paffin ne vient pas, il va le voir. Et là, il se rend compte que son chien n’est vraiment pas fin, puisque celui-ci n’a réussi qu’à se cogner dans les murs.
Julia le rassure, met ce comportement sous le coup du changement d’habitation, et prend Paffin par le collier pour l’amener jusqu’à la gamelle.
Paffin examine la gamelle qu’il regarde d’un œil perplexe (l’air de dire « qu’est-ce que vous voulez que j’en fasse ? »), et après moults encouragements de Julia et de Rodolphe, les neurones de Paffin finissent par se connecter avec son estomac. Une fois Paffin rassasié, Rodolphe le ramène sur son tapis. A table, une grande discussion se crée autour de Paffin (« Comment on va faire ? C’est incroyable ! Il a un QI plus faible que celui d’un poulpe !…). Le pauvre doit avoir les oreilles qui sifflent. Après avoir hésité à le ramener à la SPA, ils décident de s’occuper de lui : tout d’abord, le chemin de son coussin à sa gamelle sera matérialisé par une ligne en ruban adhésif. Les premiers temps, Rodolphe disposera les croquettes le long de cette ligne, pour que Paffin prenne l’habitude de la suivre jusqu’à sa gamelle. Et ainsi de suite, pour chacune des actions les plus élémentaires, la famille décide de combler les lacunes de Paffin. Et jour après jour, Paffin fait des progrès dans la maison, notamment grâce aux calins que Rodolphe fait à son chien pour le récompenser chaque fois qu’il fait quelque chose correctement.
Mais voilà, la famille a décidé de partir en vacances. Ils ont réservé un mobilhome dans un camping, et ils commencent à s’inquiéter : non seulement cela veut dire un nouveau changement pour Paffin, mais la vie dans le camping comprend des soirées organisées, auxquels les animaux ne sont pas admis, officiellement par mesure d’hygiène. Et Rodolphe, Julia, autant que leurs parents, veulent assister à ces soirées, en tout cas à la plus importante, la veillée autour d’un feu de camp, avec karaoké accompagné à la guitare par un authentique gitan !
Rodolphe, avec la confiance que seule l’affectation qu’il porte à ce chien peut lui donner, propose de déguiser Paffin pour l’emmener à la soirée. Réticents, mais ne pouvant se faire de résoudre à faire de la peine à leur fils, ses parents dénichent de quoi faire passer Paffin pour une tante venue passer la soirée avec eux, et ils se rendent à la soirée tant convoitée…

Noble et chère Suzanne, si j’ose ainsi nommer
Celle qui d’une reine a les attraits sacrés,

Mes pupilles ce soir étaient rivées sur vous
Que vous soyez pigeon ou un parfait canard
Vous me donniez envie d’être né caribou,
Gerbille ou bien tapir, à votre bon vouloir.

J’ai découvert la foi, prodigieuse beauté
Votre regard profond a des pouvoirs magiques
Un rat devient aiglon quand vos yeux l’ont touché
Et mon cœur à vos pieds prononce une supplique.

Ô s’il m’était permis de vous savoir amie
Partageant vos passions, de soutenir vos vœux
En un mot comme en cent, de vous connaître mieux
Mon âme assurément s’en trouverait ravie.

J’ai failli te parler au sortir de la salle
Improvisant des mots qui t’émeuvent et te touchent
Mais un doute revêche a retenu ma bouche
Je te connais trop peu pour te faire scandale.

Vois comme allègrement le pronom a changé !
J’use pour te parler de familiarité
Tant mon cœur est serein à se livrer au tien
Sous ma plume ingénue qui ne redoute rien.

Mon souhait le plus cher ? De te revoir un jour
En comité restreint, sans decorum autour
D’apprendre à découvrir quelle âme tu abrites
Les couleurs que tu aimes, les émois qui t’agitent.

Catégories Poèmes

← Plus anciens Plus récents →